| Daniel Boubault, Michel Prouvèze et Didier Boyet sont trois noms indissociables de la période d’enseignement de Gérald. Daniel Boubault qui vient de nous quitter, vit à l’époque au Japon et vient rendre visite à ses amis à chacun de ses retours en France. Gage d'amitié certes, mais à la vérité, sa future épouse étant tourangelle, ses voyages portent aussi une connotation romantique. Daniel était un puits de science apprécié pour sa gentillesse et sa simplicité. Il était une référence et forçait l'admiration par sa fréquentation de Maître Saïto, gardien du temple de l’Aïkido à Iwama., par sa pratique du japonais qu’il enseignait et sa grande connaissance de la culture japonaise. Michel Prouvèze, aujourd’hui l’un de nos conseillers techniques nationaux, grand voyageur, expert en Aïkido et Iaïdo, enseignait à La Flèche. Il surgissait à l’improviste, à l’heure des cours accompagné de quelques uns de ses élèves, parmi lesquels on comptait la présence régulière de Guy Sack, enseignant au Prytanée. Enfin Didier Boyet, élève de Gérald Servat à partir de 1970, s’expatrie au Japon dès le début des années 80, instituteur de formation, il devient traducteur et fréquente assidûment l’Aïkikaï à Tokyo. Elève de Maître Takeshi Mitsuzuka de Muso Shinden Ryu, il est également expert en Iaïdo. En mars 2000, à l’invitation de Gérald, Didier Boyet alors 5ème dan d’Aïkido et 5ème dan de Iaido anime un stage au club de ses débuts, et ce n’est pas sans émotion que les différentes générations de pratiquants et de professeurs se retrouvent ainsi autour de la pratique et des évocations du passé. Pour répondre aux voeux de Gérald, c’est Didier Boyet qui disperse ses cendres dans la mer du Japon. La rencontre de Jean-Pierre Prévost et de Gérald Servat date de 1972. A sa grande surprise, cette rencontre lui remémora une démonstration télévisée d’Aïkido enfouie dans ses souvenirs depuis plusieurs années. Après quelques recoupements, ils redécouvrirent cet enregistrement daté de la première visite du Doshu Kisshomaru Ueshiba en France. Cette émission avait suscitée pour Jean-Pierre Prévost un vif intérêt, puis il était passé à autre chose. La vie suit son cours, mais le terme : aïkido, est resté dans sa mémoire pour réapparaître lors de l’arrivée de Gérald Servat dans l’agence bancaire, lieu de leur activité professionnelle. Le hasard se matérialise, une page non encore écrite démarre. Gérald est un « passeur », il aime faire partager cette passion de l’Aïkido qui l’anime. Le transfert des connaissances entre l’enseignant et le pratiquant s’accompagne pour Gérald Servat, toujours sensible au respect traditionnel nippon, d’une relation enrichie d’une sympathie, d’une symbiose qui implique la transmission d’une part de soi à l’autre. Pour qualifier sa démarche et sa pédagogie, on pourrait parler de « méthode globale ». Le détail ne l’intéresse pas : tout est forme et esprit. Les explications mécaniques lui font horreur. C’est environné par cet état d’esprit, que Jean-Pierre Prévost se retrouve la semaine suivante sur le tatami du Judo club de Touraine à la découverte de l’Aïkido. Et puis très rapidement, trop rapidement peut-être, il y eut la nécessité de prendre en charge les cours. Elève de Gérald Servat, alors hospitalisé, Jean-Pierre Prévost commence à enseigner en 1977. Animateur et responsable de formation continue dans sa vie professionnelle, Jean-Pierre Prévost doit brusquement passer au crible ses références pédagogiques et techniques. En Aïkido, le geste prévaut sur le discours, il lui est donc nécessaire de mettre à plat ses connaissances pour pouvoir les transmettre. Mais sa tâche ne s’arrête pas là, très vite il se voit confronter à une autre difficulté. |  Didier Boyet, élève de Gérald  Didier Boyet, Gérald et Marcel: stage au Club en mars 2000  Jean-Pierre, un coup est vite arrivé, juin 1985 |