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Le club. - Les news.
Vendredi, 27 Mars 2009 22:37
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Le Club

Avec un effectif en constante progression depuis sa création, la section Aïkido compte actuellement 150 licenciés et occupe une place entière au sein du Judo Club de Touraine. Son activité la classe depuis de nombreuses années dans les toutes premières de la Région Centre.

 

Gérald Servat, Jean-Pierre Prévost et Marcel Poirier se sont succédés sur près de quarante cinq ans à l’animation des cours d’Aïkido. Ils constituent une chaîne de transmission des connaissances, des pratiques et des valeurs qui s’est enrichie régulièrement d’apports extérieurs.

 

Après avoir essayé le Judo, Gérald Servat découvre l’Aïkido dans les années 60. D’abord élève de Maître Nakazono à Parthenay, Gérald ouvre la section Aïkido en 1963 et la développe durant 15 ans.

 

Ses premières années de pratique, les années 60-70 se singularisent par le contact direct des pratiquants d’Aïkido avec les maîtres japonais qui enseignent en France, une pratique qui s’inscrit dans la tradition japonaise des Ryu.  Gérald  Servat rencontre ainsi régulièrement  Maître Nakazono, Maître Noro puis Maître Tamura, délégué de l’Aïkikaï pour l’Europe. Un mode de relations privilégiées qui convient parfaitement à Gérald, très attentif et sensible à la qualité des relations maître-élève. Une transmission directe, des réponses concrètes et physiques à sa pratique des arts martiaux, à sa posture d’homme dans la société et plus globalement à ses interrogations philosophiques et spirituelles. Fasciné par la civilisation extrême orientale, il fait du Yi king, particulièrement ardu à interpréter, un de ses ouvrages de référence. Il garde, par ailleurs, un regard d’enfant émerveillé pour le fantastique et le mystère qui entourent la vie traditionnelle des samouraïs et leurs combats légendaires. Tous ses gestes, ses références et ses dernières volontés l’ont démontré. Il fait partie de ces pratiquants d’arts martiaux imprégnés d’une culture martiale japonaise qu’ils transmettent dans leur quotidien. Chaque geste prend sens dans une unité d’action et de pensée. Sûr de sa démarche, il pratique peu la compromission, mais  paradoxalement il se considère toujours comme un étudiant en

Aïkido. La vérité du moment peut être remise en cause à chaque instant par une nouvelle connaissance, une nouvelle découverte.

 

Il se rend régulièrement à Paris chez Maître Nakazono et Maître Noro, visites qu’il poursuit chez ce dernier bien après la mise en place des stages fédéraux. Il mène cette quête dans l’esprit des pratiquants japonais qui cheminent à la rencontre des experts en arts martiaux pour parfaire leur maîtrise.

 

Son dernier passage de grade est tout à fait exemplaire de sa démarche. Il faut que Maître Tamura lui demande personnellement,  lors d’un stage d’été à Villefranche- de- Rouergue, de se présenter à l’un des passages de grades à venir. Il n’aurait pas accompli la démarche de sa propre initiative alors qu’elle est devenue courante chez les aïkidokas. Son implication dans la pratique est constante et son engagement total. A l’issue de ce passage de grade où il s’est particulièrement investi, il confie avec un sourire,  à ceux qui l'entourent pour le féliciter : « je n’arrive même plus à soulever ma chope de bière ».

 

Malheureusement, en 1976, commence pour lui de très graves problèmes de santé, en 1977, on doit lui amputer la jambe gauche, puis il est terrassé par une embolie pulmonaire, à laquelle succèdera une pleurésie, le calvaire dure 3 ans. En 1981, il déclare à un journal local : « Bien sûr, après mes problèmes physiques, l’aspect technique est perdu, mais, cela est aussi important, le côté esprit demeure. Je dois même ajouter que c’est certainement grâce à l’enseignement intellectuel et mental que m’a apporté l’Aïkido que j’ai supporté la maladie et l’amputation ». Malheureusement, il nous quitte en 2005 alors qu’il devait se rendre avec Marcel Poirier à la cérémonie des vœux du Président du Judo Club de Touraine le 11 janvier.

 

Gérald Servat 1975

 

Gérald Koshinage 1975

Gérald 1981 suivre Le Bon Chemin

 

Gérald ému lors du cinquantenaire du JCT en 1998

 

Daniel Boubault, Michel Prouvèze et Didier Boyet sont trois noms indissociables de la période d’enseignement de Gérald.

Daniel Boubault qui vient de nous quitter,  vit à l’époque au Japon et vient rendre visite à ses amis à chacun de ses retours en France. Gage d'amitié certes, mais à la vérité, sa future épouse étant tourangelle, ses voyages portent aussi une connotation romantique. Daniel était un puits de science apprécié pour sa gentillesse et sa simplicité. Il était une référence et forçait l'admiration par sa fréquentation de Maître Saïto, gardien du temple de l’Aïkido à Iwama., par sa pratique du japonais qu’il enseignait et sa grande connaissance de la culture japonaise.

Michel Prouvèze, aujourd’hui l’un de nos conseillers techniques nationaux, grand voyageur, expert en Aïkido et Iaïdo, enseignait à La Flèche. Il surgissait à l’improviste, à l’heure des cours accompagné de quelques uns de ses élèves, parmi lesquels on comptait la présence régulière de Guy Sack, enseignant au Prytanée.

Enfin Didier Boyet, élève de Gérald Servat à partir de 1970, s’expatrie au Japon dès le début des années 80, instituteur de formation, il devient traducteur et fréquente assidûment l’Aïkikaï à Tokyo. Elève de Maître Takeshi  Mitsuzuka de Muso Shinden Ryu, il est également expert en Iaïdo.

En mars 2000, à l’invitation de Gérald, Didier Boyet alors 5ème dan d’Aïkido et 5ème dan de Iaido anime un stage au club de ses débuts, et ce n’est pas sans émotion que les différentes générations de pratiquants et de professeurs se retrouvent ainsi autour de la pratique et des évocations du passé. Pour répondre aux voeux de Gérald, c’est Didier Boyet qui disperse ses cendres dans la mer du Japon.

La rencontre de Jean-Pierre Prévost et de Gérald Servat date de 1972. A sa grande surprise, cette rencontre lui remémora une démonstration télévisée d’Aïkido enfouie dans ses souvenirs depuis plusieurs années. Après quelques recoupements, ils redécouvrirent cet enregistrement daté de la première visite du Doshu Kisshomaru Ueshiba en France. Cette émission avait suscitée pour Jean-Pierre Prévost un vif intérêt, puis il était passé à autre chose. La vie suit son cours, mais le terme : aïkido, est resté dans sa mémoire pour réapparaître lors de l’arrivée de Gérald Servat dans l’agence bancaire, lieu de leur activité professionnelle. Le hasard se matérialise, une page non encore écrite démarre. Gérald est un « passeur », il aime faire partager cette passion de l’Aïkido qui l’anime. Le transfert des connaissances entre l’enseignant et le pratiquant s’accompagne pour Gérald Servat, toujours  sensible au respect traditionnel nippon, d’une relation enrichie d’une sympathie, d’une symbiose qui implique la transmission d’une part de soi à l’autre.

Pour qualifier sa démarche et sa pédagogie, on pourrait parler de « méthode globale ». Le détail ne l’intéresse pas : tout est forme et esprit. Les explications mécaniques lui font horreur. C’est environné par cet état d’esprit, que Jean-Pierre Prévost se retrouve la semaine suivante sur le tatami du Judo club de Touraine à la découverte de l’Aïkido. Et puis très rapidement, trop rapidement peut-être, il y eut la nécessité de prendre en charge les cours. Elève de Gérald Servat, alors hospitalisé, Jean-Pierre Prévost commence à enseigner en 1977. Animateur et responsable de formation continue dans sa vie professionnelle, Jean-Pierre Prévost doit brusquement passer au crible ses références pédagogiques et techniques. En Aïkido, le geste prévaut sur le discours, il lui est donc nécessaire de mettre à plat ses connaissances pour pouvoir les transmettre. Mais sa tâche ne s’arrête pas là, très vite il se voit confronter à une autre difficulté.

Didier Boyet, élève de Gérald

 

Didier Boyet, Gérald et Marcel: stage au Club en mars 2000

 

Jean-Pierre, un coup est vite arrivé, juin 1985

 



Mise à jour le Mercredi, 15 Avril 2009 07:33
 

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